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Lauréats du Prix du jeune auteur 2011

Les articles sont publiés dans Sociologie du travail 54 (3)

L’édition 2011 du prix du jeune auteur de la revue Sociologie du travail confirme le succès de cette opération lancée en 2001. Cette année encore elle a attiré de jeunes talents et offre une incitation pour que la nouvelle génération se familiarise vite à l’écriture d’un article aux standards de notre communauté, et à son évaluation par les pairs. Quatorze articles ont été reçus dont environ les deux tiers de très bonne qualité. Ils ont été évalués par un jury de six membres : trois issus du comité de rédaction et trois collègues extérieurs. Au terme d’une procédure à deux tours, avec choix final parmi une liste de six articles évalués par tout le jury, le choix s’est porté sur les trois articles publiés dans le numéro 3/2012, avec une lauréate suivie de deux ex æquo.

Le premier prix a été attribué à Anne Lambert pour un article sur l’économie domestique dans les processus d’accession à la propriété de familles modestes vivant en zone périurbaine de la banlieue lyonnaise. À partir d’une enquête ethnographique dans un lotissement, ce texte présente ses habitants avec leurs origines sociales, spatiales et familiales. Il montre la place de la « maison » dans les projets de ménages, et comment le passage entre travail au noir et économie de service suit des chemins erratiques où comptent la situation du ménage, les réseaux familiaux et la nature du voisinage. Ce texte s’inscrit dans une thèse préparée à l’EHESS, sous la direction de Stéphane Beaud, qui porte plus globalement sur les classes moyennes pavillonnaires.

Le second prix ex æquo revient à Yasmine Bouagga pour un article sur les transformations du métier de conseiller d’insertion et de probation : l’ancien service pénitentiare d’insertion. Il croise une sociologie d’un groupe professionnel avec l’histoire de la constitution d’un métier par des moments fondateurs, et une enquête de terrain en prison qui permet de montrer comment fonctionne « l’État en actes ». Ce texte nous éclaire avec finesse sur les transformations de « l’autorité » au cours des trente dernière années avec un cycle : autorité, adoucissement social, punition avec humanité. Cet article est issu d’une thèse en cours à l’EHESS, dirigée par Didier Fassin, sur les pratiques de prise en charge et les usages du droit en maison d’arrêt.

Le second prix ex æquo a aussi été attribué à Frédéric Rasera pour son article sur les conditions sociales de l’arrêt de travail des footballeurs professionnels : le corps en jeu. À partir d’une enquête ethnographique de longue durée dans un club de football professionnel cet article discute de la gestion des « blessures » des footballeurs professionnels et des conditions sociales qui conduisent ces joueurs à s’arrêter. L’argument est que la gestion de leurs problèmes de santé ne suit pas seulement une logique médicale mais que les décisions prises se situent à l’intersections de plusieurs intérêts : ceux du joueur qui doit jouer pour exister tout en préservant son « capital productif » (son corps), ceux de l’encadrement technique et des médecins, ceux de l’équipe et du coach. Il faut donc suivre les interactions entre ces acteurs ; elles varient en fonction des contextes qui eux mêmes se recomposent en permanence. Ce texte est issu d’une thèse au Centre Max Weber (Lyon) sous la direction de Sylvia Faure et Stéphane Beaud, sur le métier de footballeur.

L’appel aux candidatures pour le prix 2012 a été diffusé, et les manuscrits étaient à adresser à la rédaction avant le 29 septembre 2012.