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Écriture inclusive

Consignes aux auteurs et autrices sur l’usage de l’écriture inclusive et la féminisation des noms de fonction

La revue encourage les auteurs et autrices à utiliser des techniques d’écriture inclusive dans le but de rendre visibles les situations de mixité ou de non-mixité du monde social, masquées par le recours systématique au masculin neutre. Il existe plusieurs formes d’écriture inclusive et leur pertinence s’apprécie en situation, selon les textes et le propos. La revue entend donc intégrer cette réflexion dans le processus d’évaluation scientifique des articles qui lui sont soumis, sans la réduire à un enjeu éditorial. Les consignes qui suivent visent à guider les autrices et auteurs en amont de la soumission de leur texte. Le comité n’entend pas imposer une forme unique d’écriture inclusive mais souhaite ainsi privilégier des pratiques d’écriture permettant de ne pas sacrifier la clarté et la qualité des publications. Dans le cas où un article fait l’objet d’une demande de reprise, les membres du comité de rédaction et le secrétariat de rédaction de la revue accompagnent les auteurs et les autrices dans la recherche des solutions les plus adaptées.

Nous recommandons aux autrices et auteurs de marquer la mixité des sexes en déclinant les termes au masculin et au féminin (« les étudiantes et les étudiants »). Un ordre alphabétique peut être adopté, mais il peut également être judicieux de faire varier cet ordre au fil du texte.

Nous suggérons également, quand c’est possible, de recourir à des termes épicènes (« personnes ») ou à des formules neutres du point de vue du genre. Pour les adjectifs, il faut appliquer la règle grammaticale dite de la proximité (le masculin ne l’emporte pas sur le féminin, c’est la proximité avec le nom qui détermine l’accord de l’adjectif : « les musiciens et musiciennes ont été rémunérées »). Enfin, certains termes devraient être déclinés au féminin si les catégories auxquelles ils renvoient sont très majoritairement composées de femmes (le même principe s’applique aux groupes très majoritairement composés d’hommes). Ce choix peut alors très simplement être justifié au début du texte, en note de bas de page, pour en avertir le lectorat.

Pour la féminisation des noms de fonctions, on privilégie les formes déjà existantes. En particulier, on écrit autrice plutôt qu’auteure (tout comme lectrice, traductrice, directrice…), l’ajout d’un e (muet donc en principe non entendu) aux terminaisons en « eur » étant réservé à des cas plus compliqués. On peut ainsi accepter « professeure », même si « professeuse » devrait pouvoir se généraliser comme toute autre forme féminine. En effet, la réussite d’une écriture inclusive (pour l’enjeu égalitaire qu’elle vise) nous semble reposer sur la « naturalisation » de toutes les formes qui ont un temps été jugées bizarres ou ridicules au féminin alors qu’elles ne l’étaient pas au masculin. L’argument selon lequel une forme féminine peut avoir un autre sens ne tient pas, car c’est également le cas de certaines formes masculines ; tout mot se comprend dans son environnement sémantique.

Le recours au point milieu, ou point médian, « · » est possible, mais ne devrait être utilisé qu’en dernier recours, lorsque les propositions précédentes ne suffisent pas à atteindre l’objectif recherché ou, de manière mesurée, pour des termes spécifiques, qui se prononcent de la même manière au masculin et au féminin (par exemple salarié·e, employé·e ou professionnel·le) et jamais pour des adjectifs seuls (voir la règle précédemment évoquée de l’accord de proximité en cas d’énumération). Au pluriel, on utilise un seul point milieu (on écrit alors « les salarié·es » et non pas « les salarié·e·s »). Au pluriel, comme au singulier, si le nom est suivi d’un adjectif, on peut, pour alléger l’écriture, choisir de faire l’accord au masculin ou au féminin, puisque la mixité est déjà rendue visible par l’usage du point milieu pour le nom (par exemple on choisit d’écrire « des professionnel·les engagés » ou « des professionnel·les engagées », plutôt que « des professionnel·les engagé·es »). Par ailleurs, dans certains cas, le point milieu alourdit excessivement le style et gêne la lecture. Il devra alors absolument être évité (par exemple on n’écrit pas les « travailleurs·euses » mais « les travailleurs et les travailleuses »).

Il est à noter enfin que toutes les personnes ne se reconnaissent pas dans une assignation de genre binaire, et que des formes plus neutres ou inclusives émergent, comme « ielle » plutôt que « il » ou « elle » et, au pluriel, « auteurices », par exemple. Ces formes sont acceptées par la revue, et bienvenues tant qu’elles sont prononçables.

Ainsi, le comité de rédaction engage les autrices et les auteurs à pratiquer une écriture inclusive qui résulte d’une réflexion scientifique sur la mixité (ou la non-mixité) de genre des espaces sociaux étudiés, au-delà de l’application mécanique de règles. Les pratiques d’écriture inclusive étant encore en évolution, ces recommandations pourraient être révisées à l’avenir, le comité restant vigilant et mobilisé sur cet enjeu.