Accueil > Prix du Jeune Auteur > Lauréats du Prix du jeune auteur 2014

Lauréats du Prix du jeune auteur 2014

Les articles ont été publiés dans Sociologie du travail 57 (3)

Le prix du jeune auteur de Sociologie du travail prime cette année deux articles. L’objectif est toujours le même : offrir à de jeunes auteurs l’opportunité de valoriser un travail de recherche en s’appropriant les codes de l’écriture scientifique et en jouant le jeu de l’évaluation par les pairs. Quatorze articles au total ont été soumis au jury composé de six collègues : trois d’entre eux extérieurs à Sociologie du travail (Élodie Béthoux de l’IDHES, Céline Bessière de l’IRISSO, Thierry Pillon de l’IIAC) et trois autres, membres du comité de rédaction de la revue (Odile Join-Lambert, Catherine Marry, Eric Verdier). Bénédicte Zimmermann a rempli la fonction de coordinatrice.

Les articles en compétition étaient pour la plupart de haute tenue. La sélection des lauréats a été effectuée en deux temps, avec un choix final qui a porté sur six articles restés en lice au deuxième tour. Deux d’entre eux se sont nettement dégagés en tête du classement, distanciant les quatre autres qui présentaient par ailleurs des scores très proches rendant leur différenciation délicate. C’est pourquoi nous avons décidé de ne primer que deux articles cette année. Les auteurs des quatre autres textes, qui n’en sont pas moins intéressants et prometteurs, ont quant à eux été incités à soumettre une nouvelle version de leur proposition, pour examen par le comité de rédaction selon la procédure ordinaire.

Les deux lauréats sont :

Benoit Giry (premier prix), engagé dans une thèse sur les pratiques de traitement des réclamations de la clientèle et leurs effets sur le travail et son organisation, sous la direction d’Olivier Cousin, à l’Université de Bordeaux, où il est membre du Centre Émile Durkheim. Il est l’auteur d’un article consacré aux pratiques de traitement des réclamations dans les services téléphoniques en France. Après un retour sur l’histoire du mot « réclamation », le propos déroule la chronologie de différentes manières de traiter les réclamations : une première phase, dans les années 1920 et 1930 met l’accent sur la « faute » des opératrices, une seconde est centrée sur les dysfonctionnements techniques (« la panne »), alors qu’une troisième (à partir des années 1990) se focalise sur le marché et le client à satisfaire (« l’insatisfaction »). Le texte montre comment le traitement des réclamations est un révélateur pertinent des transformations techniques, organisationnelles, statutaires et commerciales qu’a connues une administration publique devenue aujourd’hui une entreprise commerciale. La force du propos tient notamment à l’inscription de la problématique dans la longue durée et à la nature des sources mobilisées.

Flora Bajard (deuxième prix) est titulaire d’un doctorat en sciences sociales soutenu à l’Université de Lausanne sous la direction Marc Perrenoud ; elle est membre du Laboratoire des sciences sociales du politique (LaSSP, EA 4175) et actuellement ATER en sciences politiques à l’IEP de Toulouse. Son article analyse la constitution du groupe socio-professionnel des céramistes d’art. Après une synthèse des approches visant à expliquer la genèse de groupes sociaux et professionnels, le texte montre pourquoi aucune d’entre elles ne répond au cas d’étude. Alors que ces approches supposent l’existence d’un noyau dur d’activités et d’acteurs luttant pour leur reconnaissance, l’auteure montre que le processus considéré relève d’abord de la valorisation et la requalification de pratiques marginales relativement à la tradition du métier, puis, dans un second temps seulement, de la codification de ces pratiques et de leur institutionnalisation.

Ces deux articles seront publiés dans le volume 57 (3) de Sociologie du travail, à paraître à l’automne 2015.

Nous invitons dès maintenant les jeunes auteurs à proposer leurs articles pour l’édition 2015.